LANA DEL REY

LANA DEL REY

France


Interview de Lana Del Rey pour Der Spiegel

Publié par Lili sur 15 Décembre 2012, 05:11am

Catégories : #Interview

http://img4.hostingpics.net/pics/676788img01.pngLana Del Rey a accordé une interview au site web allemand Der Spiegel, il y a quelques semaines de cela.

Lana Del Rey: "Je dois vous demander quelque chose avant. Aimez-vous ma musique?

Journaliste: Oui. Pourquoi demandez-vous cela?
"Oh merci, merci, c'est surprenant. La plupart des journalistes détestent mes chansons. Croyez-moi, je parle d'expérience parce que j'ai été beaucoup insulté cette année."

Néanmoins, votre album "Born to die" est devenu un des best-sellers cette année. Avez-vous une idée de la raison pour laquelle vous polarisez comme ça?
"C'est un mystère pour moi. Peut être que c'est parce que quelqu'un apparaît tous les 36 du mois dans la Pop, et ça a été moi. Et ça travaille comme "des chuchotements en bas de la ruelle". Des auteurs écrivent d'étranges histoires sur moi en augmentant la folie et la malice jusqu'à ce qu'il n'y ait plus rien à faire avec moi."

Vous avez aussi été critiquée pour être un produit marketing. Cela serait-il arrivé à un homme?
"J'ai été approchée avec une misogynie présumée. Je pense qu'il y a quelque chose de personnel. Mes chansons, que j'ai réellement écrites, sont très intimes et parce que de tels sentiments semblent sombres pour certaines personnes, ils concluent que je suis une marionnette. Mais cela illustre juste leur impuissance."

La mélancolie dans votre musique est-elle artistiquement arrangée ou thérapeutique?
"Ni l'un ni l'autre. Il y a toujours eu de la mélancolie en moi, appelé désir. J'avais quatre ou cinq ans quand je m'asseyais sur le seuil de la maison de mes parents et m'attardaient dans un endroit. Demandez à ma mère si vous ne me croyez pas. Ce sentiment a accompagné ma vie entière. Mais je ne souffre pas. Je préférerais dire que j'ai appris à m'accoutumer de ma tristesse. Mais il y a eu des moments où je n'y parvenais pas. Heureusement, j'ai surmonté ces années sombres. Le souvenir de ces années inspire mes chansons aujourd'hui."

Dans une interview, vous avez une fois parlé de la mort comme d'un paradis sombre. Etiez-vous sérieuse là-dessus?
"Oui, la mort et le paradis me semblent proches. Après la mort, je m'attends à quelque chose de très serein et calme. Vous pourriez appeler ça le paradis. C'est si chargé en signification. J'aime juste le mot "paradis". Je l'ai même tatoué sur ma main. "Heaven" est aussi un grand mot, ou "exotic".

Mais doit-on se tatouer un mot sur la main parce qu'il semble agréable?
"Bien sûr! J'aime les mots significatifs. J'ai tatoué les noms de mes auteurs préférés, Whitman et Nabokov, sur mon bras. Chaque fois que je le regarde, je me souviens que cette vie peut être grande."

Quelle est la différence entre Elisabeth Woolridge Grant, qui est votre vrai nom, et Lana Del Rey, votre pseudonyme?
"Rien. Nous sommes un. J'ai juste pensé que ce nom collerait mieux à ma musique. C'est exotique et mystérieux. Mais quand je passe du temps avec mes amis, je ne me comporte pas différemment du moment où je suis dans une suite d'hôtel et que je parle en tant que Lana Del Rey."

Vous sentez-vous sous-estimée?
"Pourquoi le devrais-je? Juste parce que des journalistes ne peuvent pas me supporter? Mon album a été vendu à plusieurs millions d'exemplaires. J'ai même gagné des récompenses. Uniquement dans mon pays d'origine, les USA, qu'ils ne savent pas comment me traiter. C'est également pour cela que je m'y suis éloignée et que je vis à Londres maintenant."

Qu'auriez-vous fait si vous n'aviez pas eu de succès en tant que Lana Del Rey? Y avait-il un plan de secours?
"La musique était mon plan de secours. Un passe-temps. J'ai travaillé comme assistante sociale à New York pendant beaucoup d'années. J'ai travaillé dans un centre pour les sans-abris et dans un centre de réadaptation pour les alcooliques et toxicomanes depuis mes 18 ans. La musique était un luxe."

C'est difficile à croire.
"Demandez à mes parents et à mes proches. Ils confirmeront cela. Quand je suis venue à New York, j'ai immédiatement appris à connaître les gens. J'y suis venue pour apprendre à connaître les musiciens cools et les auteurs. Je n'ai jamais trouvé les poètes dont je rêvais dans les romans sensationnels. Les seules personnes passionnées que j'ai rencontrées étaient des assistants sociaux. Et c'est là que je suis restée, que j'ai travaillé la journée et joué de la musique la nuit avec ma guitare."

Comment êtes-vous parvenus à enregistrer un album?
"J'ai participé à un concours d'auteur-compositeur amateur. Je n'ai pas gagné. Mais un des juges avait un petit label et m'a proposé d'enregistrer. J'ai pris le pseudonyme de Lizzy Grant et ai enregistré un album la nuit pendant 7 mois qui a été mis en suspens pendant 2 ans dans l'espoir qu'une société plus grosses l'acquerrait. Mais ça n'est pas arrivé. Les chansons étaient sombres, ne convenant pas à un large public. De plus, les managers étaient ennuyeux: les gens qui vous disent d'abord que vous êtes brillants pensent que vous manquez de quelque chose une semaine plus tard. J'ai alors accepté de ne pas produire de musique. De le faire juste pour moi. J'ai produit des clips vidéos avec des amis que j'ai mis sur Internet. Comme "Video Games" grâce auquel j'ai pu enregistrer un album par la suite."

Est ce vrai que vous avez grandi sans TV?
"Bien qu'il y avait une tv dans le séjour de la maison de mes parents, elle n'était pas connectée au câble, c'était juste pour les films. Il y avait des tv connectées dans les chambres de mes parents, ce qui m'a permis de regarder des dessins animés quand j'étais enfant. Mais très rarement. Mes parents pensaient que la tv me surmenait, qu'elle m'impressionnait trop. Ils avaient probablement raison. Quand je voyais quelque chose d'intéressant à la tv, je le répétais pendant des jours, ce qui les effrayait. On ne m'a pas permis de regarder la tv normalement jusqu'à mes 14 ans. Puis, j'ai eu l'habitude d'être assise devant MTV 24/7 et d'ingurgiter tout ce que je voyais."

Le clip de "Video Games" a été vu près de 50 millions de fois sur Youtube. Où seriez-vous sans internet?
"Je n'en ai aucune idée. Je me suis déjà demandé cela. Internet est quelque chose d'abstrait que je n'ai probablement pas compris jusqu'à présent. Qui sont tous les gens qui ont vu mes vidéos? Je ne connais ni leurs visages ni qui ils sont, ce qui fait que mon succès semble surréaliste."

Lisez-vous les commentaires sur Youtube?
"Parfois. Vous devez faire attention, autrement vous devenez fou. Parfois je réagis à quelque chose. J'écris un commentaire, d'habitude, sous mon nom réel. J'ai juste à écrire "shut up" quelque part et des millions de personnes trouvent ça bien. C'est effrayant."

Du mal est dit sur vous sur internet. Vous êtes-vous endurcie?
"Non, et je ne serais jamais blindée. Naturellement, je sais que je ne dois pas prendre les insultes de manière personnelle. Mais parfois, ça prend du temps pour prendre conscience du fait."

Sentez-vous toujours le besoin de taper votre nom sur Google?
"Avant d'être connue, je le faisais beaucoup. Mais je le fais rarement maintenant. Il y a un an, personne n'écrivait quoique ce soit sur moi. Maintenant ça m'effraye plus. Internet est remplie de personnes agressives. Je ne veux même pas savoir comment mon nouvel album Paradise est traité sur internet. Mais dans quelques semaines, la curiosité prendra sûrement le dessus."

Utilisez-vous les réseaux sociaux?
"En ce qui concerne Twitter et Facebook, je me suis retirée pour un moment. J'utilise uniquement les réseaux sociaux comme outil marketing. Quand je mets en évidence un nouvel album, je télécharge quelques photos. Rien de plus. Je suis plus intéressée par d'autres aspects d'internet. Par exemple, je prévois de créer une fondation. Pour cela, internet est bien. Nous voulons encourager des penseurs avec 200 000 dollars - les gens qui s'inquiètent de la durabilité de cette planète ou qui améliorent la facilité d'utilisation des réseaux sociaux."

D'où vous vient cet engagement social?
"Mes parents m'ont élevé en sachant qu'il est important de s'impliquer dans la communauté et de partager avec les autres. Je m'envole pour New York demain et j'aiderai en donnant des repas pour Thanksgiving. J'en ai besoin pour mon équilibre intérieur parce que, durant les 10 mois passés, ce n'était pas souvent ma vie. J'ai à peine parlé aux gens qui avaient l'habitude de faire partie de ma vie."

Distriburez-vous aussi de la nourriture aux gens dans le besoin la veille de Noël?
"Non, je serai avec mes proches et mes grands-parents au Lake Placid. J'ai promis à ma mère il y a quelques années que nous nous verrions toujours pour Noël. C'est un moment particulier, entre Noël et le Nouvel An, tout le monde crée un équilibre dans sa vie et comment cela est supposé continuer."

Allez-vous à l'église ensuite?
"Bien sûr, je suis catholique. J'aime chanter dans l'église parce que j'aime les chansons religieuses, les chants de Noël. "Silent Night" particulièrement."

Avez-vous cru au Père Noël comme les autres enfants?
"Bien sûr! Je croyais en son existence. Ma mère avait l'habitude de nous écrire des petits mots sensés être écrits par lui. Comme "merci pour les cookies. J'espère que vous aimez mes cadeaux. Salutations, S."

Vous êtes-vous sentie trahie lorsque vous avez découvert la vérité?
"J'avais 12 ans et j'ai été choquée. J'ai demandé à mon père de me dire la vérité: "Papa, le Père Noël il existe?" Il a secoué la tête et j'ai été abasourdie. "Quoi?"

Est-il épuisant d'être le protagoniste du Lana Del Rey - Show?
"Ca dépend. En France, je suis responsable d'énormes mouvements de foules, aux USA, je suis peu connue. J'aime être assise dans les cafés et lire le journal. Ce n'est pas toujours un problème à New York. D'accord, parfois quelqu'un s'approche de moi et me dit: "Je suis désolé, vous ressemblez à Lana Del Rey." Et je réponds: "Merci, c'est gentil de votre part." Et je suis heureuse."

Commenter cet article

Chat box

Agenda

2014 - Ultraviolence

¤ Le 11 avril 2014 - The Cosmopolitan (Las Vegas)

¤ Le 15 avril 2014 - Comerica Theatre (Phoenix)

¤ Le 18 avril 2014 - Bill Graham Civic Auditorium (San Francisco)

¤ .. avril 2014 - Festival Coachella (US)

¤ Le 10 mai 2014 - Festival Sweetlife (Maryland)

¤ 13 juin 2014 - Festival NorthSide (Danemark)

¤ Du 26 au 28 juin 2014 - Festival Bravalla (Suède)

¤ Du 3 au 6 juillet 2014 - Vida Festival (Espagne)

¤ Le 15 juillet 2014 - Marquee Festival (Irlande)

¤ Le 17 juillet 2014 - Festival de Carcassonne (France)

¤ Du 22 au 24 août 2014 - Festival Rock en Seine (France)

Reseaux sociaux